Le climato-cynisme de la loi climat et résilience

La liste est longe de politiciens (dont Trump et Bolsonaro ne sont que les cas les plus frappants) qui nous ont ces dernières années habitués à penser le climato-scepticisme comme l’ennemi le plus dangereux de la lutte contre l’effondrement des écosystèmes car les preuves scientifiques démontrant le changement climatique se voient niées intégralement, rejetées si ce n’est même accusées d’être de véritables fabrications, des  » hoax « , créés ad hoc par les ennemis du modèle économique capitaliste pour miner son style de vie hyper-consumériste. En d’autres termes, ils nous ont habitué.e.s à une dégénérescence extrême, paroxystique, de la politisation et de la partisanisation de l’action contre le changement climatique, qui d’un sujet scientifique s’est transformé en un terrain de lutte politique.

Dans son extrémisme paradoxal et disproportionné, le climato-scepticisme, bien que compliqué à combattre, est facile à reconnaître. Encore plus insidieux et, pour cette raison, dangereux et difficile à lutter, le climato-cynisme est une stratégie politique qui ne nie pas l’effondrement environnemental, mais au contraire l’instrumentalise et l’exploite de manière immorale, pour renforcer encore davantage le système socio-économique malade qui les a produits et pour rendre chaque fois plus infranchissable le gouffre qui sépare les victimes de ce système de ses gardiens. Le parallélisme avec la gestion cynique de la pandémie de COVID19 est indéniable : les mesures de lutte contre le virus et sa propagation visent avant tout à sauvegarder la viabilité du système économique et la protection de la population contre les dégâts de l’épidémie (ceux directement causés par le virus, mais aussi les dégâts psychologiques et sociaux) est subordonnée au maintien du statu quo. Face à l’évidence indéniable de la crise planétaire et de sa gravité, les seules mesures promues pour la contrer sont totalement inefficaces et ornementales, propagandistes, car elles ne visent pas un changement structurel du système économique et productif qui en est la cause.

Climato-scepticisme et climato-cynisme sont simplement les deux faces d’une même médaille, deux formes différentes mais tout aussi dangereuses de l’opposition du libéralisme économique à la lutte contre la crise climatique ou la manipule en sa faveur.  Le soutien (ne serait-ce que dans les médias et de façade) au consensus scientifique et l’opposition aux positions plus ouvertement climato-sceptiques deviennent uniquement et exclusivement un outil politique pour attirer les votes modérés.

La lutte pour la planète est inextricablement liée aux luttes sociales contre les inégalités et la répartition inégale des richesses. Les deux problèmes trouvent leurs racines dans le système économique dominant et doivent donc chercher des solutions communes. Le changement climatique montre combien la politique peut facilement s’immiscer dans les faits et comment il peut être difficile d’y échapper une fois que le cynisme politique a pris le dessus. À bien des égards, la science du climat est particulièrement vulnérable aux déformations politiques. Mais la question du changement climatique montre également que c’est un faux réconfort de penser que les faits finiront par l’emporter seulement parce que nous nous sommes éveillé.e.s à la science ; ils l’emporteront parce que nous nous serons éveillé.e.s aussi à la politique.

La loi climat et résilience n’est que le dernier exemple de la politique d’écologie de façade, climato-cynique du gouvernement Macron. Cette loi reste le rejeton légitime du modèle capitaliste, libéral et productiviste responsable de la catastrophe qu’on est en train de vivre. Finalement, le texte qui a été voté en première lecture par l’Assemblée le 4 mai ne répond pas au mandat de départ et conserve à peine 10 % des mesures sorties de la Convention citoyenne pour le climat.  Il ne permettra pas à la France d’atteindre une réduction de 40 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Et encore moins l’objectif d’une réduction de 55% des émissions par rapport à 1990 proposé par l’UE avec le soutien de la France elle-même. Ni la réduction de 65% pour contenir le réchauffement climatique sous 1,5°C préconisé par le monde scientifique. Une fois de plus, le gouvernement Macron est le premier a ne pas respecter les mesures et objectifs qu’il encourage à l’échelle internationale. La majorité a rejeté ou dénaturé toutes les mesures proposées par la Convention Citoyenne pour le Climat concernant la responsabilité des grands émetteurs : pas d’instauration d’un Impôt Sur la Fortune climatique, pas d’interdiction ni de taxation des dividendes des entreprises les plus polluantes, pas de malus poids pour les véhicules lourds. Symétriquement, aucune mesure n’est prise pour permettre aux classes populaires, qui contribuent le moins au changement climatique, de bénéficier des avantages de la transition écologique (chèques alimentaires, baisse de la TVA sur le train, un reste à charge zéro sur la rénovation thermique des habitations, etc).

En tant que jeunes, en tant qu’universitaires, nous sommes revolté.e.s face à l’inaction du monde politique. C’est notre futur qui est mis en danger. Ce sont les connaissances qu’on produit en tant que chercheur.euse.s, en tant que scientifiques, en tant qu’étudiant.e.s qui ne sont pas écoutées par les décideur.euse.s. Nous ne croyons pas dans une écologie à deux vitesses où la minorité riche de la population, qui contribue le plus aux dommages environnementaux, est aussi la seule à bénéficier de la transition économique, tandis que la majorité plus pauvre, qui souffre et souffrira le plus des dommages du changement climatique, est laissée en arrière et privée de soutien. Nous n’avons plus le temps de tergiverser, de suivre la politique des petits pas, du réformisme mou et progressif qui n’est pas en mesure de se confronter aux racines du problème. Nous ne nous résoudrons pas à contempler la fin du monde, impuissant·es, isolé·es et enfermé·es chez nous.

Pour cette raison, on lance un appel croisé à tou.te.s les étudiant.e.s, les jeunes, et tous ce.lles.ux qui gravitent autour du monde universitaire à participer à la Marche d’après pour dénoncer le manque d’ambition du gouvernement qui refuse de faire face à l’urgence écologique, et nous unir face aux défis qui nous attendent. Chercheur.euse.s, professeurs, personnel administratif. Tout le monde est invité!

https://reporterre.net/Loi-Climat

https://www.greenpeace.fr/une-loi-climat-deja-obsolete/

https://www.greenpeace.fr/largent-sale-du-capital-pour-un-isf-climatique/

Loi climat · La Marche d’Après ! | Facebook

Marche d’après – RDV universitaires | Facebook

Festival #3 en images !

Pour sa troisième édition, le festival a pris place du 17 au 20 avril 2019 sur le campus Pierre et Marie Curie (Jussieu) sous un agréable soleil printanier.
Si votre curiosité vous a amené.e jusqu’ici, vous pourrez voir à quoi ressemblait ce grand évènement que nous préparons tous les ans avec amour, et peut-être nous y rejoindre bientôt !

La scène et les joyeux concerts qui l’ont animée

Un chaleureux remerciement aux super ingés sons et leurs assitant.e.s, tout.e.s bénévoles, qui ont fait un incroyable travail pendant ces 4 jours.

Le village associatif

Les associations présentes pendant le festival : Respire, Pacte finance climat, Sol, DM compost, France nature environnement, AYYA, Association végétarienne de France, Carma (Europacity), Collectif citoyen pour le climat (kiosque des sciences), I-boycott, What the food, L214, Sortir du nucléaire, Mouvement national de lutte pour l’environnement, Climates, Génération cobayes, Greenpeace, Lundi carotte, Zéro waste Paris.
>> vous pouvez en savoir plus dans le dossier du festival.

L’exposition par Facteur Commun

Facteur Commun, association étudiante dédiée à la création d’espaces de partage et d’expression autour des problématiques environnementales et de leurs solutions, nous a gentiment prêté l’exposition qu’ils avaient créée à Nanterre.

Photos par Facteur Commun (lien de publication sur les photos)

Les discosoupes

Tous les midis, une gigantesque discosoupe a eu lieu grâce à toutes les mains volontaires coupeuses de fruits et de légumes : invendus récupérés préalablement dans des magasins bio. Repas végétariens à prix libre distribués dans la musique, la danse, et de belles rencontres !

La K-FET de l’ENS et CROC, traiteur éco-responsable, étaient aussi présent·e·s pour nous fournir des boissons locales et des repas bios et végétariens.

Les conférences

Mais que serait le festival sans ses fameuses conférences ? De nombreuses et nombreux spécialistes nous ont rejoint cette année et ont abordé des sujets très variés.

Mercredi: Table ronde/débat: “Transition écologique : la science pour le meilleur ou pour le pire ?” avec 5 chercheur.e.s et professeur.e.s (SU, CESCO, CNRS, Dauphine…) animé par un journaliste de France Inter.

Jeudi: la politique agricole en France. Avec Aurélie Catallo de l’association Pour Une Autre PAC, Rémy De Groulard, agriculteur biologique du Potager De l’Epinay, ainsi que Jean-Luc Leroy de la Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural de Bourgogne.

Nous avons aussi projeté ce jour-là le film documentaire Tout s’accélère, réalisé par Gilles Vernet.

Vendredi: les imaginaires et les nouveaux récits collectifs pour la transition écologique, avec Anne-Caroline Prévot, écologue de formation, directrice de recherche au CNRS, et chercheuse au CESCO.

Samedi: conférence scientifique sur «Climat, biodiversité, agriculture, trois crises en interaction, comment en sortir», avec Luc Abbadie, professeur d’écologie à SU et co-directeur de l’Institut de la Transition Environnementale de SU.

Finalement Anahita Grisoni, sociologue et urbaniste, nous a parlé de la mobilisation et de la résistance écologique, des modes d’actions citoyens.

Les ateliers

Que ce soit pour s’informer et débattre, pour apprendre à embellir et donner une deuxième vie à de vieilles choses ou à en faire des nouvelles, voici les ateliers que nous avons proposé : un atelier semis de printemps, un atelier « règles et environnement », un atelier broderie, un atelier tawashi, et un atelier auto-réparation de vélos.

Espace chill

Un espace imaginé par Triple D pour se détendre, discuter, se rencontrer tout au long du festival !

Merci à Anaïs pour les photos.
Merci à tou·te·s les bénévoles d’avoir rendu possible ce festival !

À bientôt, les lupami·e·s ❤

Étudiant·e·s, changeons de banque !

Aujourd’hui, nous voudrions parler d’une campagne lancée par les Amis de la Terre, association avec laquelle nous avons tenu un stand de sensibilisation au CROUS de Jussieu il y a deux semaines. La campagne est intitulée « Etudiants, Changeons de Banque ! », et a pour but de sensibiliser au rôle néfaste de banques qui investissent massivement dans les énergies fossiles, afin d’inciter à s’en détourner et se diriger vers des banques plus respectueuses de l’environnement.

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Atelier féminisme et écologie avec la BAFFE

Bannière de présentation de l’atelier

A l’occasion d’un mois spécial autour de l’égalité de genre qui s’est déroulé du 11 au 25 mars 2019, la BAFFE (association féministe de la faculté des lettres) et LUPA ont proposé aux membres et étudiant·e·s de Sorbonne Université un atelier féministe et écologique sur les règles, sur le campus de Clignancourt.

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Conférence Jeunes Ambassadeurs pour le Climat

Le mercredi 28 novembre, LUPA a accueilli les Jeunes Ambassadeurs pour le Climat pour une conférence-discussion intitulée « Changement climatique et négociations internationales ».

Lire la suite « Conférence Jeunes Ambassadeurs pour le Climat »